Le lac du Mont-Cenis est un lac situé dans le massif du Mont-Cenis à d'altitude sur la commune de Val-Cenis. Le toponyme Mont-Cenis désignerait le « mont des cendres ». Il est ainsi composé des termes mont, une grande élévation naturelle (lat. Montem), et de Cenis, un lieu de « la couleur de la cendre, cendré, gris » (lat. Cinicius). Selon la tradition, à la suite d'un incendie de forêt, une grande quantité de cendres se serait accumulée sur le sol, d'où le nom. Le sentier de cendres a été retrouvé lors des travaux de construction de la route. Le mont Cenis est ainsi mentionné en 739 par Alpes in Cisinio, Monte Ciniso en 756. Le Frédégaire (compilation historiographique de 768) l'indique sous le toponyme Mons Cinisius. Il est par la suite désigné par les toponymes Montem Cinisium ou clusas Montis Cenisii au, Mont Cinis en 1275, Mons Sinisius au, Mont de Senis 1518.
C'est un lac artificiel, retenu par un barrage, situé près de la frontière entre la France et l'Italie. Se trouvant entièrement sur le territoire français, le lac est situé sur le versant italien du Col du Mont-Cenis. Rattachée à la vallée de la Maurienne tant d'un point de vue historique, culturel et économique, la combe est administrée par la commune de Val-Cenis. Autour du lac se trouvent la Pointe de Ronce (), la Pointe du Lamet (), le Mont Giusalet (), le Mont Malamot () et le Signal du Petit Mont-Cenis (). À près de d'altitude, ce barrage d'une contenance de 315 millions de mètres cubes, est la sixième plus grande retenue d'eau artificielle française. Le lac se déverse dans la Cenise (Cenischia en italien), qui elle-même se jette dans la Doire ripaire, affluent du Pô. Le lac fait donc partie du bassin versant du Pô. Le lac du Mont-Cenis est situé sur le passage le plus fréquenté au Moyen Âge entre l'Europe de l'Ouest et la péninsule italienne, le col du Mont-Cenis, sur l'axe Lyon-Turin-Milan, alors que le col du Montgenèvre nécessitait un premier franchissement, celui du col du Lautaret et que le col du Petit-Saint-Bernard était plus haut de.
Le traité de Paris de 1947 voit le territoire de la province de Maurienne s'agrandir d'une superficie de . Ce nouveau tracé frontalier englobe désormais le col et la combe du lac du Mont-Cenis franchissant ainsi la ligne du partage des eaux. La démarcation de 1947 a été faite pour deux raisons: dans un premier registre, en vertu des réparations de guerres de l'Italie envers la France, le rattachement de cette combe protégeant ainsi la vallée d'une éventuelle nouvelle invasion militaire; mais également afin de restituer ces territoires aux communes savoyardes du canton de Lanslebourg-Mont-Cenis, en Haute Maurienne, le traité d'annexion de la Savoie de 1860 faisant passer ces alpages de l'autre côté de la frontière nouvellement créé, la Maurienne retrouvant finalement ses frontières historiques. La construction du barrage entre 1962 et 1968 a un impact direct sur le col et son plateau. Les chalets d'alpage séculaires, l'hospice et son prieuré sont engloutis par la montée des eaux. Bien que ce lac eut un impact moins important sur l'économie locale que son homologue de Roselend, car étant principalement un lieu d'estive, cela changea de manière définitive le visage du col et le mode de vie des habitants du cœur de la Haute Maurienne, sa construction entraînant l'abandon du village de Grand-Croix situé au pied du barrage qui jusqu'alors était un point de passage sur la route menant à l'Italie. La disparition du prieuré est prise en compte par EDF qui édifie à la place une chapelle, consacrée le 21 juillet 1968 par André Bontems, archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et de Tarentaise. Celle-ci de forme de pyramidale en béton a été imaginée par Philippe Quinquet.
C'est dans cette optique que la combe a vu naître en 1970, sous l'impulsion du père Fritch, un jardin alpin. Faute d'entretien, ce dernier s'est détérioré jusqu'au début des années 2000. Cette dégradation avancée déclencha une prise de conscience, et grâce aux efforts conjoints du parc national de la Vanoise et des communes environnantes, une zone de protection du biotope accompagnée d'une longue restauration et réaménagement du jardin alpin fut entrepris. Cette valorisation était d'autant plus nécessaire, car non seulement 700 espèces florales de montagne y prospèrent, mais trois d'entre elles se trouvent uniquement dans cet espace protégé et au Spitzberg.